Le marché du travail indonésien est confronté à un paradoxe préoccupant : les emplois se multiplient sans pour autant garantir une amélioration des conditions de vie. Bien que plus de 50 millions d’emplois aient été créés entre 2001 et 2024 et que le taux de chômage soit passé sous la barre des 5 %, l’emploi informel reste très répandu, les salaires demeurent faibles, les horaires de travail sont longs et les femmes continuent de rencontrer d'importantes difficultés pour accéder à l'emploi. Les travailleurs quittant le secteur agricole se sont principalement orientés vers des activités de services à faible productivité plutôt que vers l’industrie manufacturière, ce qui contribue à perpétuer la précarité de l’emploi et la faiblesse des revenus. Pour rompre ce cercle vicieux, il serait nécessaire de favoriser le développement de secteurs à plus forte productivité, de faciliter l’accès des petites entreprises à l’emploi formel, d'indexer les salaires sur les gains de productivité et de développer les services de garde et de prise en charge afin de permettre à davantage de femmes d’accéder au marché du travail et d'y rester.

Un faible taux de chômage masque la persistance de l’emploi informel, la faiblesse des salaires, les longues durées de travail et les inégalités entre les femmes et les hommes sur le marché du travail.







